Nouvelle

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Oct.

Vouloir avoir raison : danger!

Le 14/10/2016 à 13h17 - Commentaires [0]

Voici une clé de communication essentielle, qui constitue d'ailleurs la base de la Communication Non-Violente : sortir du jeu morbide "Qui a tort, qui a raison?"

Nous nous sommes habitués à nous mettre en avant pour survivre face aux autres en gonflant artificiellement notre ego. Je pense que nous avons tous pensé au moins une fois une de ces phrases lors de discussions :

"je l'ai bien eu avec cette réponse"
"alors, c'est qui qui a raison hein?!!"
"tu fais moins le malin maintenant!"
"non mais il va me laisser placer ma phrase?!!"
"m'intéresse pas ce que tu dis, je sais que j'ai raison!"




Avoir raison : qu'est-ce que cela apporte ?


Un sentiment de fierté passager, l'impression furtive d'être meilleur que l'autre, l'illusion éphémère de contrôler quelque chose... rien de bien sain et de durable.
Car ces sentiments ne sont que des pansements sur une plaie qui restera ouverte si l'on ne s'en occupe pas : une basse estime de soi, un manque de confiance en ses capacités, une tristesse dissimulée...

J'ai toujours pensé qu'un comportement agressif cachait en fait une grande tristesse. Je ne crois pas à la malveillance de l'Homme. Vivant dans une jungle moderne, il a développé des techniques de défense moderne : une communication défensive!

Face à la grandeur de l'autre (que je juge à travers la qualité de ses paroles, de son éloquence, de ses idées...), je prends conscience de ce que je ne suis pas (aussi éloquent, brillant, intelligent, positionné, authentique...). Et ça, ça me fait mal. Alors pour arrêter de souffrir temporairement, je vais tacler, répondre, rajouter... car ma victoire ponctuelle me donnera l'impression d'être plus éloquent, brillant ou intelligent que mon interlocuteur. Mais au fond, je sais que ce n'est pas vrai. C'est ce que l'on appelle le retour de bâton. C'est cela qui va augmenter mon mal-être par la suite...

Alors comment vivre nos rapports aux autres différemment?

Il me semble plus intéressant d'envisager mes relations aux autres comme une source d'épanouissement et d'enrichissement mutuel. Si l'autre pense avoir des réponses pour moi, je peux les entendre, et décider ensuite de ce que j'en fais. Si je pense en avoir pour lui, je n'ai qu'à les lui proposer, et il en fera ce qu'il veut.

N'est-il pas plus enthousiasmant de ressortir d'une discussion en ayant partagé quelque chose avec l'autre, en ayant ressenti des émotions agréables (joie, paix, bienveillance, surprise, enthousiasme), de partir avec une information enrichissante, qui me permettra de grandir ou de me sentir mieux, d'obtenir une réponse à une interrogation?

Nous avons besoin des autres. Pas pour nous faire-valoir, mais pour grandir et évoluer.

Je nous souhaite à tous d'avoir un peu moins raison aujourd'hui!


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